Propriétaires, locataires, commerçants, entreprises, squatteurs, habitants conventionnés ou logés dans un hôtel meublé, nous sommes tous concernés par ce projet.
Malgré les réunions de concertation avec la mairie et les présentations du projet de la banque des confluences, les informations concernant notre avenir dans le quartier sont vagues et beaucoup de questions restent en suspens.
Comment les propriétaires vont-ils pouvoir rester sur place, sachant que les prix de rachat proposés pour leurs biens par la SADEV 94 sont bas, et que les prix d’achat des nouvelles constructions sont bien plus élevés ?
Comment vont être relogés les locataires aux petits revenus, sachant que le nombre de logements vraiment sociaux qui vont être construits ne représentent que 15% des constructions de logement prévus ?
Aurons nous encore notre place dans le quartier, au vu des hausses des prix du mètre carré et des loyers que le projet va entrainer ?
Comment la mairie va t elle permettre aux petits commerces de proximité de retrouver des locaux dans le quartier, où réside leur clientèle et sachant que certains ont plusieurs dizaines d années d’ancienneté dans le quartier ?
Que va t il devenir des personnes en convention d’occupation ou des plus précaires , logés en hôtels meublés, eux aussi Ivryens et certains depuis plusieurs années ?
Pourquoi prévoir la construction de 50% d’activités économiques quand on connait le nombre de bureaux vides déjà existants et que 5000 personnes sont en demande de logement social dans la ville ?
Si ce projet est fait pour les habitants d’Ivry, pourquoi ne pas continuer (et renforcer) l’effort de réhabilitation des immeubles vétustes plutôt que de démolir des îlots entiers, dont beaucoup de bâtiments sont en très bon état ?
Pourquoi y a t il tant de logements laissés vides (gardiennés, murés, vidéosurveillés) par la mairie dans le quartier alors que le nombre de demandeurs de logements sociaux avoisinent les 5 000 à Ivry ?
Alors que certains d’entre nous ne seront directement touchés par le projet que dans 5 ou 10 ans, comment éviter que nos logements se dégradent encore, (le propriétaire ni le locataire n ayant intérêt à investir dans de gros travaux dans un logement voué à la destruction) ?
Un projet de si grande ampleur ne risque t il pas de détruire l’âme de notre quartier, la solidarité et le lien social qui s’est crée entre ses habitants depuis toujours ? Ne pourrions nous pas penser à un projet à taille humaine, dans lequel nous aurions tous notre place ?
La mairie annonce la création de 25 000 emplois mais on sait que la plupart des entreprises arriveront avec leurs salariés et que la majorité des habitants n’ont pas les qualifications requises pour travailler dans ces entreprises du tertiaire à forte valeur ajoutée
Au vue de la crise du logement et de la politique d’austérité qui va être mise en place dans les prochains mois, ce projet de rénovation décidé sans les habitants ne va t il pas dégrader notre qualité de vie au lieu de l’améliorer ?
La rénovation urbaine a montré dans de nombreuses villes son caractère ségrégatif pour les plus modestes et les classes moyennes. En effet, à cause de l’augmentation des prix à l’achat des appartements, des prix des loyers, des charges ou du coût de la vie, les précaires et les classes moyennes sont déplacés de plus en plus loin des centre villes.
Il est important que nous, habitants du quartier directement ou indirectement concernés par le projet, nous regroupions afin de faire valoir nos droits et de faire entendre nos revendications.
De tout temps, partout dans le monde, la mobilisation des habitants des quartiers voués à la destruction ont permis de faire reculer des projets décidés par en haut.